Adapté du roman de l’algérien Yasmina Khadra, Les Hirondelles de Kaboul, réalisé par un duo français Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, arrive sous la forme d’un long-métrage d’animation. Le film dans la sélection de « Un Certain Regard » de Cannes a reçu le prix du meilleur film, le Valois de Diamant lors du festival du Film Francophone d’Angoulême. Le film est plutôt dans une forme honnête avec 277 796 entrées en 350 copies.

Synopsis :

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

Sous le régime des talibans en Afghanistan, la ville de Kaboul se retrouve plonger dans un enfer bien réel où les libertés anciennes des hommes et surtout des femmes ont été enlevé. A travers les personnages comme le jeune couple Mohsen et Zunaira ainsi que le garde de la prison pour femmes, on voit la terreur, le désespoir et la tristesse qui a pris possession de la ville. Autrefois, les deux tourtereaux étaient enseignants et le soir, ils allaient au cinéma main dans la main avec le sourire. Aujourd’hui, le cinéma, le théâtre, la musique et les ordinateurs sont interdits. Les cours d’histoires ou de littératures n’existent plus car tout est axé sur la religion. Une femme qui se promène dans les rues doit porter le tchadri et ne peut pas tenir la main de son conjoint. Des hommes armés sont postés dans toutes les rues et une infraction d’un règlement peut envoyer la personne directement à la mort. La vie de ces gens est devenu une prison. Une petite once de bonheur n’émane presque plus de leur esprit sauf pour imaginer ce qui est pour l’instant un rêve lointain où la musique résonnera dans Kaboul avec des sourires et un travail honnête pour chacun. Le silence règne dans les foyers ou bien, on entend des disputes comme Mohsen et Zunaira vont en avoir ce qui va causer un malheureux accident. On remarque aussi la force et le courage pour ne pas fuir afin de lutter pour les générations futurs.

Ce récit dramatique est glaçant grâce à des graphismes simplistes mais puissants. Ce sont des premiers pas dans l’animation réussis pour la réalisatrice Zabou Breitman. On oublie pas aussi la société « Les Armateurs » qui sont derrière l’animation. L’ensemble visuel a parfaitement retranscrit cette histoire poignante avec une ambiance d’un calme lourd et d’une torture psychologique. Une ville de désolation où les bâtiments sont détruits, les maisons et les rues sont silencieuses. A force de vivre sous les coups de feu, même les hommes les plus bienveillants peuvent commettre des actes immondes sous l’influence de cette idéologie politique.

Pour conclure, je dirais que Les Hirondelles de Kaboul est magnifiquement touchant et réaliste dans son écriture. On ressent la misère et l’emprisonnement des habitants de Kaboul dans ce régime qui a détruit leur joie de vivre. Une bonne exploitation d’une facette d’un monde sinistre avec la privation des libertés. Un trait simple sous forme de dessins aquarelles pour un récit profond. Ce film montre que les long-métrages d’animations français pour adultes ont leur place dans les salles de cinéma. Bouleversant !

⭐⭐⭐⭐

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Bande annonce :