Le cinéma asiatique regorge de pépites dans tous les genres. Je ne suis pas un grand suiveur des films de romances mais souvent, les japonais ou les sud-coréens arrivent à m’y intéresser avec un supplément d’âme. Je trouve aussi des titres méconnus mais pas moins intéressants notamment sur Netflix quand je vais dans la catégorie des films asiatiques. Il y a des petites perles qui mérite qu’on s’y attarde..

Asako I&II

De : Ryusuke Hamaguchi

Avec : Masahiro Higashide, Erika Karata, Koji Seto

Genres : Romance, Drame

Date de sortie : 2 janvier 2019

Synopsis :

Lorsque son premier grand amour disparaît du jour au lendemain, Asako est abasourdie et quitte Osaka pour changer de vie. Deux ans plus tard à Tokyo, elle tombe de nouveau amoureuse et s’apprête à se marier… à un homme qui ressemble trait pour trait à son premier amant évanoui.

Après Senses un superbe film aux multiples récompenses et découpé sous la forme d’une série cinéma en cinq épisodes réunis en trois programmes, le réalisateur japonais nous montre une nouvelle fois son immense talent avec une narration d’une délicatesse complexe.

Les premières scènes s’ouvrent de façon onirique où Asako connaît le premier amour parfait entre sa rencontre avec le bel homme Baku à la sortie d’une exposition suivi d’un baiser au ralenti avec des artifices autour et un petit accident de moto qui va devenir un moment de rapprochement romantique. Le bonheur est présent avec des dialogues passionnels. Le commencement de cet histoire d’amour permet de s’attacher aux personnages où on ressent cette connexion d’euphorie sentimentale. Mais ce rêve se transforme vite en cauchemars avec la disparition brutale de Baku.

Quelques années plus tard alors qu’elle vit désormais à Tokyo, Asako va se retrouver face à Ryohei, un homme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’être qu’elle a toujours attendu. Comme Asako, on se retrouve, tout d’abord, perdu face à cette présence. Elle est totalement paralysé par la ressemblance, elle ne peut plus poser un regard sur lui mais petit à petit, le calme revient grâce à la gentillesse de Ryohei et Asako peut refaire sa vie. Toutefois, est-ce vraiment le cas ? Est-ce qu’elle aime la personnalité de Ryohei ou bien c’est juste le fait qu’il ressemble à Baku ? Malgré ce lien qu’ils ont réussi à créer, il y a cette fragilité permanente dans l’esprit d’Asako avec le fantôme de Baku qui plane au dessus de leurs têtes.

A première vue, on a l’impression de voir une romance très lisse. Pourtant, il y a pleins de petits éléments subtils qui apportent une richesse dans la narration comme la photo de Baku en noir et blanc sur un grand panneau qui surplombe la ville, le tremblement de terre qui a une signification importante dans l’osmose fondatrice entre Ryohei et Asako ou bien lorsqu’elle fait face à la mer ce qui nous donne une vague impression de suicide où elle est submergée par des regrets. Il n’y a aucun superflu dans l’évolution des personnages car on ne retrouve pas une multiplication grotesque des émotions c’est-à-dire que toute l’histoire est naturelle et réaliste. Elle dévoile la puissance d’un premier amour et surtout ce que l’Amour incarne que ce soit le plaisir, le partage mais aussi son côté destructeur qui vous plonge au fond du gouffre. Asako fait des choix stupides mais on comprend pourquoi elle les fait car on arrive à se mettre à sa place.

Pour conclure, je dirais que ce film est d’une maturité pure. On est loin d’une romance niaises grâce à une narration subtile qui nous attache aux personnages et à une mise en scène performante qui amène de la richesse. L’Amour se retrouve décrite merveilleusement avec tous ses aspects. On n’a pas juste une suite de scène romantique avec des hauts et des bas mais une coordination logique des émotions. Asako, Ryohei et Baku m’ont bien transporté dans cette mélancolie. Un petit bijou !

Rang : B+

Pandora

De : Jong-woo Park

Avec : Nam-Gil Kim, Jin-yeong Jeong, Yeong-ae Kim

Genre : Thriller

Date de sortie : 17 mars 2017

Disponible sur Netflix

Synopsis :

Quand un séisme dévaste un village coréen ou une centrale nucléaire est en activité malgré sa vétusté, un homme risque sa vie pour sauver le pays du désastre annoncé.

Pandora est le quatrième film du réalisateur de Jeong-woo Park. Pour être honnête, je ne le connais pas. Je me suis informé et j’ai vu que son troisième film Deranged a été un franc succès dans son pays en Corée du Sud.

La scène d’ouverture avec des gamins qui parle de la centrale nucléaire en la regardant au loin pose la première base à l’environnement de ce film. L’avis de ces enfants (les futurs protagonistes) diverge puisqu’il y a des familles qui sont pour le nucléaire avec son apport économique et d’autres contre pour sa dangerosité. Alors qu’on les retrouve à l’âge adulte, les opinions n’ont guère changer. Jae-Hyeok déteste la centrale nucléaire puisqu’elle a tué son père mais il y travaille car c’est devenu le lieu attractif de la ville. C’est un jeune homme assez étrange et immature mais qui a son propre point de vue. Les disputes avec sa mère sont fréquentes puisqu’il veut quitter ce boulot dangereux mais c’est le lieu où se concentre le gagne-pain donc elle veut qu’il y reste. Par ailleurs, tous ces amis et sa copine travaillent dans la centrale. L’introduction des personnages est solide où on assimile les visions de chacun sur la centrale nucléaire.

La mise en place de cette centrale nucléaire est nouvelle pour la Corée en Sud. Le lancement a été fait rapidement à tel point qu’elle fonctionne déjà. Économiquement, cela a crée un boost mais est-ce qu’ils sont dans les standards au niveau sécurité ? Alors que la centrale connaît un premier dysfonctionnement, la direction va minimisé le constat fait par les ouvriers pour éviter de créer la panique dans tout le pays car l’avenir économique du pays se joue avec cette zone industrielle. Sauf qu’en évitant de régler le problème à la façon des ouvriers en prenant conscience des risques, les ennuis vont vite s’enchaîner de la pression qui augmente très rapidement jusqu’à l’explosion du réacteur principal ce qui va causé une grande catastrophe avec les particules de radiations dans l’air et tout une partie de la ville qui va être irradié. La construction de la catastrophe est captivante, palpitante avec toute une partie politique où on nous montre l’incompétence des dirigeants qui pense à eux, aux enjeux sociétales tandis que les ouvriers jouent leurs vies au centre de cette cocotte-minute prêt à exploser. La narration est astucieuse avec la centrale qui n’était pas prête à être fonctionnel à cause d’un manque de savoir industrielle notamment sur les registres de sécurité. Il y a beaucoup de similitudes avec la merveilleuse série Chernobyl. Une réflexion profonde des choix politiques face à une catastrophe que l’administration refuse de croire avec une prise de conscience trop tardive..

Alors que l’affolement de la population arrive soudainement avec les médias qui relaient les informations, les ouvriers dont Jae-Hyeok sont toujours aux alentours de la centrale et ce dernier d’un acte courageux va risquer sa vie pour sauver les habitants de sa ville ainsi que son pays. Malgré que les dirigeants de ce pays ne les ont pas écouté et la peur de mourir, les ouvriers font preuve de bravoure pour permettre à leurs familles de survivre. C’était très émouvant parce que leurs actes héroïques sont mélangés aux sentiments humains. Par ailleurs, c’est ce qui rend le discours de Jae-Hyeok avant la destruction de la piscine de déchets toxiques aussi poignant. Les vrais héros n’ont pas de cape mais un grand cœur.

Pour conclure, je dirais que j’ai eu de la chance de tomber sur ce film. C’est exactement ce que j’aime dans les films catastrophes avec une narration intelligente qui nous explique les points de vue de chacun sur cette énergie nucléaire pernicieuse, l’incompétence de toute une direction face à la catastrophe dû aux enjeux politiques et l’héroïsme des ouvriers qui l’affronte tout en étant terrorisé. Le film a pris son temps pour approfondir son contexte dans une ambiance anxieuse.

Rang : B

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